Résumé
Les peptides de venin de la fourmi Tetramorium bicarinatum présentent des effets cytotoxiques, immunomodulateurs, paralysants et nociceptifs, en relation avec leurs rôles dans la prédation et dans la défense. Ils présentent une convergence structurale et fonctionnelle avec des peptides de défense de l’hôte (HDPs) impliqués dans la réponse immunitaire. De plus, plusieurs sites de liaison aux facteurs de transcription GATA ont été prédits dans la région promotrice des gènes codant les peptides (vpg). Chez les insectes, les réponses immunitaires reposent sur des voies de signalisation spécifiques et sont régulées par les hémocytes et par le corps gras. Ceci tend alors à supposer que les vpg peuvent être recrutés dans des processus immunitaires et qu’il existe un lien entre les peptides de venin et la fonction immunitaire. Des expériences de RT-PCR et LC-MS ont montré une forte expression basale des vpg dans les hémocytes, mais pas dans le corps gras, ainsi que leur sécrétion dans l’hémolymphe par les hémocytes. De nouvelles familles de gènes présentant des motifs de type cytokine similaires à des motifs trouvés chez des cytokines de drosophile, ont également identifiées dans le corps gras, présumant leur rôle dans l’immunité. MYRTXA1-Tb1a, l'un des peptides les plus abondants dans l’hémolymphe, a démontré une capacité à moduler fortement l’expression des protéines de choc thermique et de quelques gènes de l’immunité. Il semble également induire la phagocytose sans mobilisation calcique sur des cellules S2 de drosophile. MYRTXA1-Tb1a semble ainsi avoir des effets immunomodulateurs endogènes, soulignant un lien étroit entre l'immunité innée et la fonction venimeuse chez les fourmis. Cependant, les mécanismes exacts de cette activité immunomodulatrice et les voies moléculaires associées restent à déterminer.
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